L’idée peut être saugrenue, mais à s’y pencher de plus près, rassembler Montevideo et Compuphonic sur un même ring n’est pas si bête que ça. D’un côté, Montevideo, blousons noirs du rock belge, très vite repérés par Ghinzu et auteur d’un tonitruant premier album éponyme en 2006. De l’autre, Compuphonic, frêle producteur ardennais de musique électronique, roi de la mélodie groovy, repéré par les plus grands cadors de la sphère électronique dès ses premiers maxis. Le match paraît d’emblée déséquilibré, pourtant, on se souvient que Compuphonic avait déjà tâté du blouson, quand il avait revitaminé le tubesque ‘Sluggish Lover’ des bruxellois, alors matraqué sur les radios du royaume. On imagine aussi que la bande a aussi dû se croiser souvent dans leur repère commun, le Dirty Dancing (soirées bruxelloises au Mirano Continental), où Compuphonic est résident et où Jean Waterlot (leader de Montevideo) taquine régulièrement les platines avec son ami Cosy Mozzy (le maître des lieux). MVSC, c’est un peu comme si Les Libertines avaient copiné avec Calvin Harris, un peu comme si Maxime (Compuphonic) avait mis du velours sur les cordes de la guitare de Jean. A écouter ce qui ressort de cette collaboration atypique, on pense à d’inévitables rencontres festivalières (leur tout premier live au festival de Dour en 2007), d’interminables sessions nocturnes d’enregistrement en studio, à un nombre incalculables de canettes de bière descendues pour trouver l’adéquation parfaite des deux univers. Car la qualité première de MVSC, c’est d’avoir dépassé les ghettos rock et électronique pour explorer une nouvelle galaxie, propre à MVSC, sans rupture nette ni fracture apparente. On est finalement sorti du ring, on a oublié le poids plume et le gang criard. On est sur une piste de danse avec des boules disco, des mèches gominées, des pantalons slim et des kids fluo qui dansent tous ensemble dans un joyeux bordel organisé et ultra maîtrisé par une toute nouvelle formation avec qui va devoir conjuguer au futur la scène belge.


